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« Lorsque la salle est de la chair vivante », le film qui met les spectateurs à l’honneur !

Conduit par la metteure en scène Edith Amsellem et réalisé par Margaux Vendassi, le film partage l’expérience des spectateurs au théâtre. Des souvenirs réels ou imaginés, des instants de vie qui sont des parts de réel. Les silences, les souvenirs, les attentes : et si le spectacle était aussi dans la salle ?

La salle est scène, la scène est salle.

Comme avant le début de toute représentation, le film nous place dans une forme d’attente. C’est le temps de la mise en place. La scène est montrée comme le lieu d’où l’on observe le spectacle. Ce qui est donné à voir c’est la salle et les individus qui l’habitent : le public.

 

Le film s’inscrit dans un travail de recherche mené par Edith Amsellem autour du spectacle « d’un point de vue historique, géographique, sociologique et surtout anecdotique ». Il est le fruit d’un atelier mené avec le public du théâtre La Passerelle à GapElle, qui a longtemps fui les salles de spectacle pour inscrire ses projets artistiques dans une réalité concrète – c’est-à-dire dans des lieux qui n’y sont pas dédiés (gymnase, château gonflable ou parc public) -, interroge ici cet espace-temps magique où le spectacle devient spectacle.

 

Pour comprendre cet échange, elle questionne les spectateurs-trices sur leur rapport au théâtre, un rapport vécu à la fois comme un espace, un art et un lieu de souvenirs. Grâce à ces témoignages, Edith Amsellem reconstitue une forme de miroir du réel ; un miroir dans lequel on se reconnait parfois et un miroir dans lequel on découvre l’Autre.

Le réel se cache dans les interstices.

Il y a ceux qui préfèrent être dans les premiers rangs, au plus près des acteurs, pour être au cœur de ce qu’ils donnent et de ce qu’ils ne veulent pas donner.

 

Ceux qui préfèrent s’asseoir en haut, tout au fond, pour pouvoir s’éclipser aux toilettes sans déranger.  

 

Ceux qui préfèrent les sièges aux chiffres paires.

 

Ceux qui sont tellement sur le côté qu’ils peuvent entendre les souffleurs souffler.

 

Ceux qui viennent en famille ou entre amis.

 

Ceux qui préfèrent voyager en solitaire.

 

Ceux qui y ont fumé leur première cigarette.

 

Ceux qui ont pleuré. Plusieurs fois. Touchés par un état de grâce.

 

Ceux qui s’ennuient et qui pensent à leur repas du soir.

 

Ceux qui applaudissent tout doucement lorsqu’ils n’ont pas aimé.

 

Ceux qui font des standing ovation lorsqu’ils n’acceptent pas la fin.

 

Ceux qui restent assis pour continuer le voyage.

 

Ceux qui « arrivent sans rien demander et qui repartent avec un cadeau ».

 

 

 

Dans ces interstices, le théâtre n’est pas seulement un lieu où l’on assiste à un spectacle mais un lieu de vie. Un lieu où chacun-e donne et reçoit. Un lieu où l’humanité se fait face.

Clémence Drack

ZAD

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