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Es Devlin, portrait de celle qui abolit les frontières de l’art

Elle a dépoussiéré la Royal Opera House de Londres et le Met Opera de New York ; elle a magnifié les défilés de Louis Vuitton ; elle a la côte auprès de Beyonce, Kanye West, U2 et Adèle. Retour sur un travail scénographique composite.

Des plateaux de théâtre…

Es Devlin fait ses armes au Bush Theatre, un théâtre londonien dont la taille modeste la contraint à faire preuve d’une créativité sans bornes. Elle se démarque rapidement par l’utilisation alors peu courante de projections et d’architectures mouvantes. C’est le cas dans Betrayal de Harold Pinter qu’elle met en scène au National Theatre de Londres. Les illusions d’optique et les jeux d’échelle caractérisent son style proche du surréalisme.

Bergenz Festival, Lake constance, Autriche, 2017

 « Chacune de ses créations est une attaque contre la notion qu’un décor n’est qu’un décor »

…aux salles de concert et aux défilés de mode

A partir de 2003, elle transpose sa méthodologie et ses techniques aux concerts des plus grandes stars pop. Chaque projet scénographique vient raconter une poésie propre à l’artiste et à son histoire, qu’il s’agisse de Kanye West, Beyonce, U2, Adèle ou Miley Cyrus.

Miley Cyrus, Bangers World Arena Tour, 2014
The Rolling Stones en concert à Hyde Park
The Weeknd en concert à Coachella

« Elle peut entrer dans l’éther psychique de chaque production et la faire briller avec signification »

En 2015, Es Devlin trouve un nouveau terrain de jeu dont elle utilise les codes pour mieux les transcender. Des défilés Louis Vuitton à la carte blanche accordée par la maison Chanel, elle use de multiples miroirs transparents pour mieux questionner notre identité et notre rapport au monde. Il en résulte des labyrinthes immersifs où le regard se perd.

Louis Vuitton – Spring Summer 2015 show

A l’assaut d’autres scènes

En 2012, elle conçoit la cérémonie de clôture olympique de Londres ; en 2016, celle qui ouvre ceux de Rio. Ses créations émerveillent le monde de l’Art et le public qui vient en nombre découvrir ses installations : « The Singing Tree » (2018) au Victoria and Albert Museum, « Please, Feed the Lions » (2018) à Trafalgar Square ou « ROOM 2022 » à la Miami Art Basel (2017).

 

En 2020, elle représente le Royaume-Uni à l’Exposition Universelle. The Poem Pavillon dévoile un espace lumineux, immersif et participatif. Son travail a aboli les frontières de l’Art, transcendera-t-il les identités ?

Clémence Drack

ZAD

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