Portrait

Christo : « Ici ce n’est que de l’Art ».

Il avait 84 et il nous a quitté dimanche. Il était quelqu’un qui n’avait peur de rien. Quelqu’un qui avait choisi de mettre dans la rue une forme d’art toute particulière ; une forme d’art que personne ne peut acheter, posséder ou vendre. Des installations grandioses et fabuleuses qui ont marqué nos imaginaires pour l’éternité. Il décorait nos villes. Il s'appelait Christo.

Cacher pour mieux révéler

Le monde entier retiendra les créations poétiques totales de celui qui savait penser et imaginer autre chose que ce que l’on voit. Avec sa femme Jeanne-Claude, ils ont révélé l’essence des choses en les cachant. Qu’il s’agisse d’un objet, d’un bâtiment (ou même d’une île !), ils apposaient un contenant qui modifiait le rapport au contenu

 

Entre leurs mains, le Reichstag est devenu un monstre blanc ; le Pont Neuf ne s’est jamais aussi bien reflété dans la Seine. Dans « Running Fence« , ils créent une toile magique qui, depuis des collines de San Francisco, vient se jeter dans l’eau turquoise de l’océan Pacifique. Dans les derniers projets « Surrounded Island » et « The Floating Piers « , Christo ose réaliser le rêve des hommes : celui de marcher sur l’eau.

 

Le Reichstag (1995)
Running Fence (1976)
Surrounded Island (1983)
Le Pont neuf à Paris (1985)
The Floating Piers (2016)
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« L’art visuel joue avec la forme, les relations les proportions. Le projet dépasse tout il est totalement irrationnel, totalement inutile. Je ne fais aucune propagande. Tout ce qui a une signification sociale est de la propagande, qu’elle soit économique, politique, religieuse, environnementale, tout ça c’est de la propagande. Ici ce n’est que de l’Art. » Christo

« Ce n’est que de l’Art » et ce n’était pas un business. Leurs installations se finançaient par la vente des croquis du projet. Aucun mécène, aucune subvention : une liberté totale de création.

 

« Ce n’est que de l’Art » et la vie suivait son cours. Leurs installations n’impactaient jamais l’environnement social ou naturel dans lesquels elles s’implantaient. La plupart des matériaux utilisés (notamment la toile) étaient recyclés. Une fois retirées, leurs œuvres ne laissaient aucune trace… 

 

« Ce n’est que de l’Art » et c’était donc une affaire de transmission. Leur engagement dans des actions d’éducation artistique ou simplement d’interactions avec le public sont les témoins d’une attention réelle, concrète et sincère en faveur du partage de connaissances.

Clémence Drack

ZAD

Magazine culturel engagé, ZAD est un webmedia indépendant soucieux de partager des contenus réflexifs sur les arts visuels et le spectacle vivant.

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